Dominique Lambert

2003-2009

edition of 2 plus 1 AP

twenty-one books (paper, cardboard, fabric)

drawings from Benoit Bonnemaison-Fitte

police sketchs from Dominique Ledée, police inspector

box 37x20x26cm / closed book 17,5x25x1cm / open book 25x260cm



























In France, Dominique is the most common name applied to both genders. It is also the twenty seventh most popular name overall. The twenty-seventh most popular surname is Lambert. According to the telephone directory, there are one hundred and ninety-one Dominique Lamberts in France. After collecting various tests on the characterology of the forename Dominique, I sent a letter to each Domnique Lambert requesting that they complete a 'Chinese Portrait' and a personality test. To the sixty-five who replied, I then requested a copy of their photographic ID. Twenty copies were received : the twenty Dominique Lambert who form this collection. From the 'Chinese Portraits' received, I developed a 'written portrait' with the assistance of the Advisory Committee for the Description of Dominique Lambert (composed of a psychologist, a statistician, a police inspector, a lawyer and a corporate identity consultant). This text formed the basis of the sketch drawn by the artist Benoit Bonnemaison-Fitte, which was then transformed into photo-fit by Dominique Ledee, police investigator of the Criminal Records. I then looked for models in the public who resembled the police photo-fit and photographed them. A sealed envelope containing the passport photograph of the Dominique Lambert author of the Chinese portrait closes the chain of representation. Each of these steps is accompanied by inevitable loss and creation of data, which results in many interpretations. Yet, states are relying on these methods to represent our identities and formally define a national identity. Rather than criticising, Dominique Lambert wants to question the power of the representation over identity itself. Given the multiplication and the dispersion of the identity of the one hundred ninety-one Dominique Lambert’s, the study of this micro-society arbitrarily defined shows the difference between the investigative work to build identity, its representation, and its reality. So if a logic of control sets “masters of identities”, perhaps it is like when Ubu wanted to be “master of Phynances”... Because there is always something missing, we need to find a way to see, to question clichés as singularities, and invent the society ahead.


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Dominique est le prénom mixte le plus donné en France, il est aussi le vingt-septième prénom le plus porté; associé à Lambert, vingt-septième nom de famille également le plus porté. J’ai ainsi défini comme population d’étude les cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert répertoriés dans l’annuaire des particuliers (Pages Blanches, France). Après avoir rassemblé diverses analyses relatives à la caractérologie du prénom Dominique, j’ai demandé par courrier à chacun des Dominique Lambert de réaliser un test de personnalité et de remplir un portrait chinois. À partir de ce dernier, pour les Dominique Lambert ayant répondu, j’ai élaboré un portrait écrit, avec l’aide du Comité Consultatif pour la Description des Dominique Lambert (composé d’un psychologue, un statisticien, un inspecteur de police, un juriste, un consultant en identité visuelle). Ce texte a constitué la base du portrait dessiné par le peintre Benoît Bonnemaison-Fitte. Le portrait dessiné a ensuite été transformé en portrait robot par Dominique Ledée, enquêteur de police de l’Identité Judiciaire. J’ai alors recherché un modèle présentant une ressemblance évidente avec le portrait robot, pour le photographier. Une enveloppe cachetée contenant la photographie d’identité du Dominique Lambert auteur du portrait chinois clôt la chaîne des représentations. Dans Dominique Lambert, chaque transmission d’information s’accompagne d’une déperdition et une création de données inévitables, qui deviennent autant d’interprétations. Cependant, les Etats se fondent sur ces méthodes pour représenter nos identités et définir officiellement une identité nationale. Ici, n’y voyons pas une prise de position; Dominique Lambert veut être un questionnement du pouvoir de la représentation sur l’identité même. Au vu de la multiplication, de la dispersion, de l’identité des cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert, l’étude de cette microsociété arbitrairement définie manifeste l’écart entre le travail d’investigation pour construire l’identité, sa représentation, sa réalité. Alors, si une logique de contrôle établit des « maîtres des identités », peut-être est-ce un peu à la manière d’Ubu qui voulut être « maître des phynances »… Car toujours quelque chose échappe, à nous de savoir voir, d’interroger les clichés comme les singularités, et d’inventer la société qui vient.


                     Dominique Lambert, “Sans être rien de particulier”, La Maison Rouge, Paris, 2010